L’écho des livres du 19 mars 2016
Aujourd’hui, des cendres, du nucléaire, de la passion, des tergiversations, des désaccords, et l’évocation d’une très belle bande dessinée !
Il s’agit d’un très beau roman sur les années 70, la révolution communiste en Turquie, puis la répression, les tortures, les juntes islamistes. Il est aussi question d’une histoire d’amour, entre deux personnes de milieu différent. La Turquie, adossée à l’URSS, vit l’effondrement des valeurs de la gauche.
Le thème de ce roman est le pouvoir, voulu et disputé par les hommes.
Bref, un vrai chef-d’œuvre !
L’auteur est biélorusse, prix nobel de littérature 2015.
Cet ouvrage contient : « La guerre n’a pas un visage de femme » (témoignages), « Les derniers témoins » (enfants en 1941), ainsi que « La supplication : Tchernobyl, chroniques du monde après l'apocalypse ». Ce dernier ouvrage est absolument terrible, horrible… mais à lire de toute urgence. L’auteur recueille des témoignages, puis écrit : cela n’est donc pas vraiment littéraire.
Cela parle des morts, des rescapés… cela fait le tour de tous les protagonistes. Cela explique la chape de plomb du silence, imposé par les autorités, lors de la catastrophe… pour éviter la panique (sic).
Il faut savoir qu’il s’agit d’un ouvrage encore censuré en Biélorussie. Un biélorusse sur cinq vit en zone contaminée. 1,8 millions d’hectares de terres agricoles sont inutilisables.
C’est le symbole d’un évènement qui n’a pas de nom.
C’est l’histoire de deux frères, l’un brillant, en pleine réussite sociale, professionnelle, familiale, et l’autre… beaucoup moins. Et c’est aussi l’histoire de leurs deux familles. Cela débute par l’annonce du drame, puis on oscille constamment entre présent et flash-back. On chemine vers les révélations : par rapport au drame, mais aussi par rapport à une belle histoire d’amour.
Un livre très agréable à lire… à emporter impérativement sur la plage !
C’est l’histoire d’un auteur qui vient d’écrire un roman à succès, qui va de conférences en signatures, mais qui sature. Puis, il faut écrire autre chose : roman ? Biographie ?
Elle rencontre une femme, qui devient son amie, et qui lui conseille de continuer dans la veine autobiographique. Les deux personnages sont envoûtants, mais on ignore qui est cette amie…alter-ego ? Personnage de chair et d’os ?
Démobilisés, Albert et Édouard, amers, vivent difficilement à Paris. Ces deux laissés-pour-compte se vengent de l'ingratitude de l’État en mettant au point une escroquerie qui prend appui sur l'une des valeurs les plus en vogue de l'après-guerre : le patriotisme. Ils vendent aux municipalités des monuments aux morts fictifs.
Quant au lieutenant, il profite des nombreux morts inhumés dans des tombes de fortune sur le champ de bataille pour signer un contrat avec l’État qui prévoit de les inhumer à nouveau dans des cimetières militaires, vendant « aux collectivités des cercueils remplis de terre et de cailloux, de morceaux de cadavres français, voire de soldats allemands »
A lire pour apprendre pleins de choses...
Juste après la seconde guerre mondiale, Un adolescent est en vacances sur une île au large de Naples. C’est un jeune garçon très solitaire et anxieux. A lui et à ses alter-ego, personne ne parle de la guerre, il y a comme une chape de plomb du silence, scrupuleusement respectée par les adultes … sauf un vieux pêcheur, qui lui, parle, raconte.
Il y a aussi l’histoire complexe qu’il vit avec une jeune femme : le récit d’un très beau premier amour.
J’ai adoré le relire !
Une adolescente raconte, sa vie dans le sud, au bord de la mer. Une famille très bourgeoise : le grand-père est ruiné par la faute de son fils, joueur invétéré. Ici, il s’agit de l’histoire de Madame, qui ne veut pas vendre ses terres, et est très amie avec la jeune fille narratrice.
On lit le récit d’une jeune fille : il faut donc faire la part de ce qu’elle raconte… elle romance.
Parfois, le style est très cru, mais aussi très sensuel. C’est drôle, et facile à lire.
Quel est le lien entre une famine ayant eu lieu en Ecosse au 19ème siècle et un médaillon retrouvé aujourd'hui sur une île du Québec ? Ou celui entre un jeune métayer vivant il y a plus de 150 ans sur l'île de Lewis et une femme accusée du meurtre de son mari à notre époque au Canada ? Un enquêteur de Montréal vient enquêter et au fil de son enquête va sentir une affinité avec la suspecte, cela va réveiller sa propre histoire.
Ce polar historique nous entraîne dans un voyage à travers le temps et les lieux, on découvre tout un pan de l'histoire Écossaise (la vie sur les îles Hébrides, la famine des pommes de terres, l'exil forcé des habitants vers le Canada) et on suit le destin de plusieurs personnes à travers de vieux journaux intimes, tout en menant une enquête policière classique.
Très bon livre à lire.
Allez, on se la joue télérama :
Pour
Il s’agit ici de la vie de Jean-Michel Basquiat, jeune peintre graffeur qui signait ses œuvres du nom de SAMO (same old shit), dans les années 1980. Il graffe d’abord dans le métro, puis accède de manière fulgurante à la notoriété. C’était un enfant surdoué, issu des cultures portoricaine et haïtienne. Il mourra d’une overdose, rejoignant ainsi le mythique club des 27.
On a là un biographie romancée, dans une écriture similaire au graffiti : l’auteur écrit comme Basquiat peint. Et ses œuvres sont à découvrir, c’est un jeune Mozart !
Contre
J’ai moi aussi lu ce roman l’automne dernier, lorsqu’il est paru, alléchée par le sujet du bouquin, appréciant les œuvres de Basquiat comme beaucoup d’entre nous. Mais, malgré ce sujet, je n’ai pu finir … l’écriture, si systématiquement sous amphétamines, m’a fatiguée. Ce parti pris littéraire écrase toute autre velléité romanesque. J’en suis venue à me dire que si c’était si mal écrit, c’est parce que l’auteur veut qu’on comprenne « comment c’est compliqué dans la tête d’un drogué, paumé, marginal, artiste… » Merde, c’est contagieux … ! Ne lisez pas ce livre !
Publié en 1877, ce manuel sert à l’origine pour l'apprentissage de la lecture du cours moyen. C'est un livre « de lecture dite courante » et il sera utilisé jusque dans les années 1950.
L’ensemble relate le périple par de multiples moyens de transport de deux orphelins, André et Julien, de quatorze et sept ans. À la suite de l’annexion de l’Alsace-Lorraine par les Prussiens et du décès de leur père (charpentier lorrain et veuf de bonne heure), ils quittent Phalsbourg et partent à la recherche d'un oncle paternel habitant Marseille à travers les provinces françaises.
La diversité des populations amène la curiosité et habitue aux différences. Des passages sur la saveur des nourritures du terroir, ou sur l’étrangeté des patois atténuée par l’apprentissage méthodique du français sont ainsi présents.
Malgré leur origine lorraine, les deux enfants ne sont pas touchés par l’idéal ambiant de la revanche propre à cette époque. L’histoire est apprise par les traces, monuments et symboles, les vies exemplaires des inventeurs, soldats patriotes et bienfaiteurs. Ils accumulent une richesse de savoirs nés de l’apprentissage des techniques, de l’habileté dans le travail : ils s’initient à l’agriculture, à l’économie domestique, à l’hygiène… chaque rencontre est prétexte à enrichir leur expérience. Toutes ces connaissances aboutiront à l’établissement final dans la ferme presque idéale de La Grand’Lande.
C'est un livre touchant à lire sans prétention et on passe un bon moment en révisant la géographie et un peu d'histoire, avec une notion de courage.
« Château l’attente » est une bande dessinée… ou un magnifique grimoire ! On y revisite des contes de fées, remis au goût de nos drames contemporains : les violences faites aux femmes (on y suit une princesse enceinte, nantie d’un beau coquard, qui cherche un havre de paix pour elle et son futur bébé), la pauvreté, les différences, le bien et le mal (les dialogues entre une bonne sœur délurée et un démon sont drôlissimes !).
J’ai été, au départ, un peu surprise par le trait, la ligne claire, en noir et blanc, ça n’est pas ce que je goûte habituellement. Mais là… les personnages sont si attachants, les situations si drôles ou étranges, que cette ligne est évocatrice et généreuse. Comme dans toute très bonne bande dessinée, scénario et trait se répondent et se nourrissent.
A lire, lire, lire lire…..
Sandrine S.
« Et ne restent que des cendres »
De Oya Baydan, lu par Chantal
Il s’agit d’un très beau roman sur les années 70, la révolution communiste en Turquie, puis la répression, les tortures, les juntes islamistes. Il est aussi question d’une histoire d’amour, entre deux personnes de milieu différent. La Turquie, adossée à l’URSS, vit l’effondrement des valeurs de la gauche.
Le thème de ce roman est le pouvoir, voulu et disputé par les hommes.
Bref, un vrai chef-d’œuvre !
« Œuvres »
Par Svetlana Alexievitch, lu par Chantal
L’auteur est biélorusse, prix nobel de littérature 2015.
Cet ouvrage contient : « La guerre n’a pas un visage de femme » (témoignages), « Les derniers témoins » (enfants en 1941), ainsi que « La supplication : Tchernobyl, chroniques du monde après l'apocalypse ». Ce dernier ouvrage est absolument terrible, horrible… mais à lire de toute urgence. L’auteur recueille des témoignages, puis écrit : cela n’est donc pas vraiment littéraire.
Cela parle des morts, des rescapés… cela fait le tour de tous les protagonistes. Cela explique la chape de plomb du silence, imposé par les autorités, lors de la catastrophe… pour éviter la panique (sic).
Il faut savoir qu’il s’agit d’un ouvrage encore censuré en Biélorussie. Un biélorusse sur cinq vit en zone contaminée. 1,8 millions d’hectares de terres agricoles sont inutilisables.
C’est le symbole d’un évènement qui n’a pas de nom.
« Le livre des Baltimore »
Par Joël Dicker, lu par Evelyne
C’est l’histoire de deux frères, l’un brillant, en pleine réussite sociale, professionnelle, familiale, et l’autre… beaucoup moins. Et c’est aussi l’histoire de leurs deux familles. Cela débute par l’annonce du drame, puis on oscille constamment entre présent et flash-back. On chemine vers les révélations : par rapport au drame, mais aussi par rapport à une belle histoire d’amour.
Un livre très agréable à lire… à emporter impérativement sur la plage !
« D’après une histoire vraie »
Par Delphine de Vigan lu par EvelyneC’est l’histoire d’un auteur qui vient d’écrire un roman à succès, qui va de conférences en signatures, mais qui sature. Puis, il faut écrire autre chose : roman ? Biographie ?
Elle rencontre une femme, qui devient son amie, et qui lui conseille de continuer dans la veine autobiographique. Les deux personnages sont envoûtants, mais on ignore qui est cette amie…alter-ego ? Personnage de chair et d’os ?
« Au revoir la-haut »
Par Pierre lemaître, Prix Goncourt en 2013, lu par EvelyneDémobilisés, Albert et Édouard, amers, vivent difficilement à Paris. Ces deux laissés-pour-compte se vengent de l'ingratitude de l’État en mettant au point une escroquerie qui prend appui sur l'une des valeurs les plus en vogue de l'après-guerre : le patriotisme. Ils vendent aux municipalités des monuments aux morts fictifs.
Quant au lieutenant, il profite des nombreux morts inhumés dans des tombes de fortune sur le champ de bataille pour signer un contrat avec l’État qui prévoit de les inhumer à nouveau dans des cimetières militaires, vendant « aux collectivités des cercueils remplis de terre et de cailloux, de morceaux de cadavres français, voire de soldats allemands »
A lire pour apprendre pleins de choses...
« Tu moi »
Par Erri de Luca, lu par ClaudeJuste après la seconde guerre mondiale, Un adolescent est en vacances sur une île au large de Naples. C’est un jeune garçon très solitaire et anxieux. A lui et à ses alter-ego, personne ne parle de la guerre, il y a comme une chape de plomb du silence, scrupuleusement respectée par les adultes … sauf un vieux pêcheur, qui lui, parle, raconte.
Il y a aussi l’histoire complexe qu’il vit avec une jeune femme : le récit d’un très beau premier amour.
« Battements d’ailes »
Par Milena Agus, lu par ClaudeJ’ai adoré le relire !
Une adolescente raconte, sa vie dans le sud, au bord de la mer. Une famille très bourgeoise : le grand-père est ruiné par la faute de son fils, joueur invétéré. Ici, il s’agit de l’histoire de Madame, qui ne veut pas vendre ses terres, et est très amie avec la jeune fille narratrice.
On lit le récit d’une jeune fille : il faut donc faire la part de ce qu’elle raconte… elle romance.
Parfois, le style est très cru, mais aussi très sensuel. C’est drôle, et facile à lire.
« L'île des serments »
Par Peter May (écossais vivant en France), lu par ClaudeQuel est le lien entre une famine ayant eu lieu en Ecosse au 19ème siècle et un médaillon retrouvé aujourd'hui sur une île du Québec ? Ou celui entre un jeune métayer vivant il y a plus de 150 ans sur l'île de Lewis et une femme accusée du meurtre de son mari à notre époque au Canada ? Un enquêteur de Montréal vient enquêter et au fil de son enquête va sentir une affinité avec la suspecte, cela va réveiller sa propre histoire.
Ce polar historique nous entraîne dans un voyage à travers le temps et les lieux, on découvre tout un pan de l'histoire Écossaise (la vie sur les îles Hébrides, la famine des pommes de terres, l'exil forcé des habitants vers le Canada) et on suit le destin de plusieurs personnes à travers de vieux journaux intimes, tout en menant une enquête policière classique.
Très bon livre à lire.
« Eroïca »
Par Pierre Ducrozet, lu par Denise (et Sandrine)Allez, on se la joue télérama :
Pour
Il s’agit ici de la vie de Jean-Michel Basquiat, jeune peintre graffeur qui signait ses œuvres du nom de SAMO (same old shit), dans les années 1980. Il graffe d’abord dans le métro, puis accède de manière fulgurante à la notoriété. C’était un enfant surdoué, issu des cultures portoricaine et haïtienne. Il mourra d’une overdose, rejoignant ainsi le mythique club des 27.
On a là un biographie romancée, dans une écriture similaire au graffiti : l’auteur écrit comme Basquiat peint. Et ses œuvres sont à découvrir, c’est un jeune Mozart !
Contre
J’ai moi aussi lu ce roman l’automne dernier, lorsqu’il est paru, alléchée par le sujet du bouquin, appréciant les œuvres de Basquiat comme beaucoup d’entre nous. Mais, malgré ce sujet, je n’ai pu finir … l’écriture, si systématiquement sous amphétamines, m’a fatiguée. Ce parti pris littéraire écrase toute autre velléité romanesque. J’en suis venue à me dire que si c’était si mal écrit, c’est parce que l’auteur veut qu’on comprenne « comment c’est compliqué dans la tête d’un drogué, paumé, marginal, artiste… » Merde, c’est contagieux … ! Ne lisez pas ce livre !
« Le tour de la France par deux enfants »
Cours moyen par G Bruno, lu SéverinePublié en 1877, ce manuel sert à l’origine pour l'apprentissage de la lecture du cours moyen. C'est un livre « de lecture dite courante » et il sera utilisé jusque dans les années 1950.
L’ensemble relate le périple par de multiples moyens de transport de deux orphelins, André et Julien, de quatorze et sept ans. À la suite de l’annexion de l’Alsace-Lorraine par les Prussiens et du décès de leur père (charpentier lorrain et veuf de bonne heure), ils quittent Phalsbourg et partent à la recherche d'un oncle paternel habitant Marseille à travers les provinces françaises.
La diversité des populations amène la curiosité et habitue aux différences. Des passages sur la saveur des nourritures du terroir, ou sur l’étrangeté des patois atténuée par l’apprentissage méthodique du français sont ainsi présents.
Malgré leur origine lorraine, les deux enfants ne sont pas touchés par l’idéal ambiant de la revanche propre à cette époque. L’histoire est apprise par les traces, monuments et symboles, les vies exemplaires des inventeurs, soldats patriotes et bienfaiteurs. Ils accumulent une richesse de savoirs nés de l’apprentissage des techniques, de l’habileté dans le travail : ils s’initient à l’agriculture, à l’économie domestique, à l’hygiène… chaque rencontre est prétexte à enrichir leur expérience. Toutes ces connaissances aboutiront à l’établissement final dans la ferme presque idéale de La Grand’Lande.
C'est un livre touchant à lire sans prétention et on passe un bon moment en révisant la géographie et un peu d'histoire, avec une notion de courage.
« Château l’attente »
Par Lindsey Medley lu par Sandrine« Château l’attente » est une bande dessinée… ou un magnifique grimoire ! On y revisite des contes de fées, remis au goût de nos drames contemporains : les violences faites aux femmes (on y suit une princesse enceinte, nantie d’un beau coquard, qui cherche un havre de paix pour elle et son futur bébé), la pauvreté, les différences, le bien et le mal (les dialogues entre une bonne sœur délurée et un démon sont drôlissimes !).
J’ai été, au départ, un peu surprise par le trait, la ligne claire, en noir et blanc, ça n’est pas ce que je goûte habituellement. Mais là… les personnages sont si attachants, les situations si drôles ou étranges, que cette ligne est évocatrice et généreuse. Comme dans toute très bonne bande dessinée, scénario et trait se répondent et se nourrissent.
A lire, lire, lire lire…..
Sandrine S.










