Il faut qu'on parle de Kevin

Roman de Lionel Shriver
Adapté au cinéma par  Lynne Ramsay

Dérangeant, oppressant ; dés le début du récit, le lecteur sait de quoi il s’agit.

Eva a un fils assassin qui a tué de sang froid plusieurs élèves de son lycée et un professeur. Pourquoi ?

Tout au long des lettres qu’Eva envoie à son mari, le père de Kevin, la question est là, brûlante, obsédante jusqu’à la fin et l’on ressort de cette lecture  avec le sentiment qu’il n’y avait pas d’autre issue possible.

La fusillade de Columbine en 1999, la tuerie de l’école primaire Sandy Hook en 2012 et bien d’autres encore ont bien eu lieu. Lionel Shriver, une femme, je précise,  est tout à fait claire, ce n’est pas que de la fiction et le portrait de cette mère confrontée à la monstruosité de son fils est très lucide, juste et sans concession.



Tilda Swinton est parfaite dans ce rôle où sous une apparente froideur, on voit dans son regard toute la détresse, l’incompréhension et la culpabilité d’une mère qui va tout perdre.

Les jeux vidéos, la télévision, la vente des armes, l’éducation, les médicaments…quelle est l’origine de ces massacres ? Beaucoup de questions et le sentiment qu’il n’y a pas de limites dans l’horreur.

De nombreux films, livres ou musiques  se sont inspirés du massacre de Columbine, notamment le documentaire : Bowling for Columbine de Michael Moore et le film : Elephant de Gus Van Sant. Quelques pistes pour essayer d’expliquer les raisons de tels actes… si cela est possible !

Christine

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A l' aube de ses seize ans, Kevin tue sept de ses camarades de collège, un employé de la cafétéria et un professeur.
La mère de Kevin veut comprendre pourquoi un tel drame est arrivé et où est sa part de responsabilité. 
Pour cela,  elle écrit à son mari, Franklin.
Difficile de rentrer dans ce roman décousu au ton noir et glaçant.
Le lecteur passe, sans interruption,  de l' incompréhension au questionnement,  de l'effroi à l'empathie,  du dégoût à la compassion,  de l'horreur à l'acceptation.
Sans pouvoir jamais pénétrer dans ce roman sans réponses, le lecteur reste un spectateur complètement déconcerté.
Effet désiré par l'auteur qui traite dans ce roman hors du commun un sujet délicat et tabou ?



Eva a mis sa vie professionnelle et ses ambitions personnelles entre parenthèses pour donner naissance à Kevin.
A l'aube de ses seize ans, Kevin commet l'irréparable.
Il tue 9 personnes dont sept camarades de collège.
En se remémorant les étapes de leur vie, Eva tente de comprendre.

L'horreur de ce fait divers est décuplé par la mise en scène du film qui entraîne le spectateur dans un tourbillon visuel et sensoriel dérangeant, violent.
La couleur rouge reste en permanence en fond d'écran et attire sans relâche l'oeil du spectateur.
On sort de ce film, au thème délicat et tabou, saoul, dévasté,  dans l'expectative.

Isabelle
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